Endoscopy 2015; 47(12): 1197
DOI: 10.1055/s-0035-1569582
Commentaires
© Georg Thieme Verlag KG Stuttgart · New York

Commentaire du travail de Schölvinck DW et al., pp. 1106

Further Information

Publication History

Publication Date:
02 December 2015 (online)

 

Dirk W. Schölvinck, Hannah T. Künzli, Christine Kestens, Peter D. Siersema, Frank P. Vleggaar, Marcia Irene Canto, Hilary Cosby, Julian A. Abrams, Charles J. Lightdale, Elizabeth Tejeda-Ramirez, Steven R. DeMeester, Christine L. Greene, Blair A. Jobe, Jeff Peters, Jacques J. G. H. M. Bergman, Bas L. A. M. Weusten. Treatment of Barrett’s esophagus with a novel focal cryoablation device: a safety and feasibility study.

Commentaires:

La cryo-ablation endoscopique utilisée pour traiter l’œsophage de Barrett est une technique de destruction par le froid, basée sur l’application d’un spray d’azote liquide sur la zone pathologique. La destruction de la muqueuse se fait par nécrose ischémique. Peu de données sont actuellement disponibles dans la littérature sur cette technique.

Dans cette étude prospective multicentrique, un nouveau dispositif de cryo-ablation a été évalué de novembre 2012 à mars 2014, le “Cryoballoon Focal Ablation System” (C2 Therapeutics, California, USA). Il s’agit d’un ballon de 3 cm de long monté sur un cathéter dont le diamètre est de 3,6 mm et qui est passé dans le canal opérateur d’un endoscope thérapeutique. Le diamètre du ballon est automatiquement réglé en appuyant sur une touche au niveau de la poignée, le ballon étant placé dans la lumière de l’œsophage. Cette poignée est située à une des extrémités du cathéter et permet de stocker, puis de larguer l’azote liquide à travers le ballon. Il existe un orifice au niveau du ballon par lequel s’échappe l’azote liquide et celui doit être positionné en regard de la zone à traiter pour obtenir une destruction superficielle focale d’environ 2 cm2. Le gaz libéré dans la lumière est aspiré dans la poignée pour éviter une hyperpression dans la lumière oesophagienne et est condensé dans une éponge. Au total, 39 patients ont eu 1 ou 2 séances avec une application d’une durée de 6, 8 ou 10 secondes. Sur les 62 séances réalisées, 56 ont été possibles (90 %) et 6 autres ont été techniquement impossibles (échecs liés au dispositif ou anatomie défavorable: hernie hiatale volumineuse, lumière œsophagienne étroite). La durée moyenne de la procédure était de 7 minutes (4 – 10 min) et aucune complication grave n’a été décrite. L’effet secondaire principal était une douleur modérée dans 27 % des cas survenant juste après le geste et qui disparaissait après 24 heures dans 50 % des cas. Le contrôle endoscopique était réalisé 6 à 8 semaines après la cryo-ablation et montrait une régénération complète de l’épithélium œsophagien dans 47 cas (76 %). Les zones traitées pendant 10 secondes étaient toutes le siège d’une régénération complète. Aucune sténose œsophagienne n’a été diagnostiquée après un suivi médian de 54 jours (49 – 62 jours).

Les auteurs concluent que cette nouvelle technique est sûre et efficace, notamment lorsque le traitement a une durée de 10 secondes. Il faudra cependant l’évaluer dans d’autres études sur une population plus large et définir sa place par rapport à la radiofréquence œsophagienne qui est actuellement le traitement endoscopique de référence de l’endobrachyoesophage dysplasique non nodulaire.