Endoscopy 2015; 47(09): 869
DOI: 10.1055/s-0034-1392962
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Commentaire du travail de Min BH et al., pp. 784

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Publication Date:
28 August 2015 (online)

 

Byung-Hoon Min, Eun Ran Kim, Kyoung-Mee Kim, Cheol Keun Park, Jun Haeng Lee, Poong-Lyul Rhee, Jae J. Kim. Surveillance strategy based on the incidence and patterns of recurrence after curative endoscopic submucosal dissection for early gastric cancer.

Commentaires: Gilles Lesur

La dissection sous-muqueuse (DSM) est le traitement de référence actuel des cancers gastriques superficiels. Malgré un geste souvent curateur, il existe un risque de récidive soit de la lésion traitée, soit liée à l’apparition d’une autre lésion néoplasique sur un estomac souvent siège d’une gastrite diffuse.

Dans ce travail coréen, Min et al. se sont intéressés au risque de récidive locale, de lésions métachrones et de récidive extra-gastrique dans une population de 1497 patients traités de manière curative entre 2003 et 2011 par DSM pour un cancer superficiel de l’estomac. Le suivi consistait en une endoscopie haute annuelle et en un scanner abdomino-pelvien selon un protocole standardisé. Un suivi d’au moins un an était analysable chez 1306 patients.

L’incidence des lésions résiduelles et synchrones à un an étaient de respectivement 0,13 % et 0,87 %. Pendant la durée moyenne de suivi de 47 mois, survenait une récidive locale (0,08 %) et 47 cas de lésions métachrones (3,6 %, dont 3 cancers avancés pT2). Toutes ces lésions étaient traitées de manière curative.

Pendant le suivi le risque de lésions métachrones augmentait linéairement avec un temps moyen de survenue de 30 mois. Deux récidives extra-gastriques ganglionnaires (0,15 %) survenaient à respectivement 4 et 5 ans après DSM, une fois dans une bonne indication de DSM, l’autre fois dans une indication de DSM plus discutable. Dans ce dernier cas, le patient allait être opéré à titre palliatif ce qui n’empêchait pas son décès des suites d’une progression tumorale.

Les auteurs concluent qu’il existe une augmentation d’incidence des lésions métachrones durant le suivi pendant les 5 premières années après DSM et qu’il existe aussi un risque de récidive extra-gastrique, y compris en cas de bonne indication du geste endoscopique. Une surveillance annuelle ou bi-annuelle par endoscopie haute et tomodensitométrie est donc nécessaire pour au moins 5 ans, y compris après DSM curative.