Endoscopy 2010; 42(04): 349
DOI: 10.1055/s-0031-1291844
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Commentaire de travail de V. Gómez et al., pp. 286

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Publication Date:
19 March 2012 (online)

 

V. Gómez, A. M. Buchner, E. Dekker, F. J. C. van den Broek, A. Meining, M. W. Shahid, M. S. Ghabril, P. Fockens, M. G. Heckman, M. B. Wallace. Variabilité inter-observateurs et précision diagnostique de la endomicroscopie confocale dans le diagnostic de néoplasie colique par des experts internationaux

Cette étude multicentrique américaine, allemande et néerlandaise visait à évaluer les performances diagnostiques et la concordance interobservateur de l'endomicroscopie pour le diagnostic de lésion “néoplasique” colorectale, au sens anglosaxon du terme c'est à dire ayant un caractère adénomateux et/ou adénocarcinomateux. La technique évaluée était l'endomicroscopie confocale par minisondes (Mauna Kéa Technologies, France). Le fluorophore utilisé était la fluorescéine injectée par voie intraveineuse. Après un entraînement à la reconnaissance des critères de différenciation des lésions néoplasiques et non-néoplasiques, 3 observateurs devaient évaluer 75 séquences vidéos endomicroscopiques de lésions colorectales (50 néoplasiques, 25 non néoplasiques). Ces séquences avaient été acquises par 2 autres endoscopistes dans un seul centre. L'analyse était conduite indépendamment de l'aspect macroscopique des lésions et, bien sûr, de leur résultat histologique. Les observateurs devaient noter la qualité de la séquence, l'aspect architectural des vaisseaux et de la muqueuse, et effectuer une prédiction histologique qui était ensuite comparée au résultat histologique (pris comme méthode de référence).

Les résultats peuvent apparaître décevants au premier abord, notamment au vu des performances diagnostiques de la technique en deçà de ce que l'on pouvait en attendre. En effet, la sensibilité, la spécificité et la précision diagnostique étaient respectivement de 76%, 72% et 75% pour le diagnostic de lésion néoplasique versus non-néoplasique, avec une concordance interobservateur modérée (kappa 0,55). Cependant, lorsque l'on regarde plus attentivement, on note que la qualité de 50 séquences sur les 75 était sub-optimale. En considérant uniquement les 25 séquences ayant une qualité bonne à excellente, les performances diagnostiques étaient bien meilleures (sensibilité 88%, spécificité 89%, précision diagnostique 89%) ainsi que la concordance interobservateur (kappa 0,83). En outre, il faut tenir compte du caractère multicentrique de cette étude et de l'expertise somme toute limitée des observateurs, qui plaide en faveur d'une courbe d'apprentissage assez brève. Ce travail soulève enfin la question de la part respective de l'aspect macroscopique et endomicroscopique d'une lésion pour effectuer une prédiction histologique, ces 2 aspects devant être combinés afin de fournir un diagnostic in vivo et en temps réel au cours du geste endoscopique. En définitive, cette étude montre qu'il n'y a pas, à l'heure actuelle, d'indication à réaliser une endomicroscopie pour le diagnostic de lésion colorectale, et qu'il faut en premier lieu s'acharner à améliorer la qualité des images et la standardisation de l'interprétation.