Endoscopy 2015; 47(12): 1198
DOI: 10.1055/s-0035-1569586
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Commentaire du travail de Hutchings HA et al., pp. 1137

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Publication Date:
02 December 2015 (online)

 

Hayley A. Hutchings, Wai-Yee Cheung, Laith Alrubaiy, Dharmaraj Durai, Ian T. Russell, John G. Williams. Development and validation of the Gastrointestinal Endoscopy Satisfaction Questionnaire (GESQ).

Commentaires:

Les indicateurs qualité, pierres angulaires des processus de certification et du suivi qualité, trouvent généralement deux origines, ceux définies par les professionnels de santé et ceux émanant des patients. La perception de nos pratiques par les patients est un révélateur souvent moins complaisant et parfois bien plus pertinent. C’est dans cette optique d’amélioration de la qualité en endoscopie digestive que l’équipe britannique de Hutchings et al. a cherché à élaborer un questionnaire de satisfaction des patients ayant eu une endoscopie digestive haute ou basse.

Cette étude s’est déroulée en 3 étapes. Tout d’abord, une revue exhaustive de la littérature a permis, après concertation entre professionnels de santé (gastroentérologues, ingénieur qualité, psychologues) et patients, de choisir les questions les plus pertinentes et les plus compréhensibles avec pour conséquence l’écriture d’une première version du questionnaire. Les réponses aux différents items utilisaient des échelles de Likert à 3 ou 5 degrés. Une fois le questionnaire établi, une phase de pré-validation auprès d’un nombre limité de patients (n = 182) au sein d’un établissement unique a été réalisée. Le recueil des commentaires des patients à partir du questionnaire a permis d’aboutir à une seconde version du questionnaire. Cette seconde version était utilisée pour la validation multicentrique (23 centres, n = 1782) qui constituait la dernière étape. Le questionnaire finalisé était rempli et renvoyé par voie postale à J+1 de l’endoscopie. Des rappels à 2 et 4 semaines pour les non-répondants étaient prévus.

Au final, 86,2 % des questionnaires ont été récupérés. Après analyse statistique, cette dernière étape a conduit à l’élimination de trois questions peu discriminantes. Le questionnaire final, ainsi obtenu et validé, présentait l’avantage de couvrir l’ensemble de la prise en charge du patient en endoscopie en regroupant sous 4 grands thèmes les 21 items du questionnaire: structure hospitalière et équipe d’endoscopie, douleur et inconfort pendant et après l’endoscopie, informations avant et après l’endoscopie.

L’élaboration rigoureuse du questionnaire et l’adhésion des patients à la démarche plaident en faveur d’un travail de qualité. Les auteurs n’en restent pas moins critiques en l’absence de validation comparative du questionnaire, ce qui empêche de s’assurer de la concordance des réponses avec d’autres questionnaires (qualité de vie, qualité de l’état de santé, ressenti de la douleur) et/ou la survenue de complications liées à l’endoscopie.

Deux commentaires peuvent être faits. Le premier concerne l’une des limites de ce type de questionnaire, à savoir leur collecte exhaustive et leur représentativité. L’étude montre un fort taux de participation mais cette dernière était “dopée” du fait du contexte de l’étude (entretien individuel pré-inclusion avec sensibilisation, encadrement des patients inclus, rappels). A quelle participation et représentativité pourrait-on s’attendre en pratique courante? Enfin, le deuxième commentaire concerne la recherche bibliographique pour la construction du questionnaire. Même si cette recherche a été conduite sur 7 bases de données différentes (dont Medline) et sur les recommandations de 6 sociétés savantes internationales, son résultat (4 articles seulement) interroge: s’inquiète-t-on de la satisfaction des patients en endoscopie digestive? Probablement oui (beaucoup d’études incluent ces indicateurs qualité en critères secondaires), restons optimistes! Mais force est de constater que les publications scientifiques dédiées à ce sujet sont rares. C’est une raison suffisante pour se réjouir de cet article.