Endoscopy 2015; 47(08): 768
DOI: 10.1055/s-0035-1547158
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Commentaire du travail de Sinh P et al., pp. 669

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Publication Date:
30 July 2015 (online)

 

Sinh P et al. Evolution clinique des patients avec un endobrachyoesophage indéfini pour la dysplasie.

Commentaires: Le diagnostic histologique de la dysplasie de bas grade (DBG) sur endobrachyoesophage (EBO) est difficile, même pour un anatomopathologiste très expérimenté, ce qui le conduit parfois à conclure à un diagnostic de “degré indéterminé de dysplasie” (IND). De plus, même en cas de dysplasie de bas grade avérée, les données des études sont contradictoires concernant le risque de progression vers un adénocarcinome, allant d’une incidence annuelle de 0,5 % à plus de 7 %. Par exemple, l’étude randomisée comparant la radiofréquence à une simple surveillance (étude SURF) de l’équipe d’Amsterdam a récemment rapporté une progression de 8,8 % vers l’adénocarcinome sur une période de 3 ans en cas de DBG initiale. En pratique, le taux de progression des patients ayant un EBO classé DGB est actuellement inconnu et il n’existe pas de recommandation précise pour la surveillance de ces patients.

Ce travail est donc intéressant car il a analysé, au sein de 5 centres américains regroupant 2264 patients, l’évolution du statut histologique de l’EBO de 83 patients classés DGB et celui de 79 patients classés “IND” Dans le groupe DGB, l’incidence annuelle de l’adénocarcinome et de la dysplasie de haut grade (DHG) étaient de 0,21 % et 0,64 %, respectivement. Dans le groupe “IND”, ces chiffres étaient de respectivement 0,65 % et 0,87 %, donc également extrêmement faibles. Le délai médian de progression était de 4,72 années dans le bras “IND” et de 3,45 années dans le bras “IND”. En fait, la grande majorité des patients (80 %) voyaient leur statut histologique régresser vers un EBO “non dysplasique” au cours du suivi global, dont 50 % dès l’endoscopie suivante. Les auteurs proposent donc de considérer de la même manière le potentiel évolutif des patients classés “IND” et “DBG”, à savoir extrêmement faible. Même si l’on peut évoquer les biais potentiels que constituent l’absence de standardisation de la surveillance entre les centres, la mauvaise corrélation inter-observateurs des anatomopathologistes et le risque d’erreur d’échantillonnage des biopsies, ces données “issues de la vraie vie” sont assez convaincantes et vont dans le sens d’une méta-analyse récente arguant d’un risque évolutif très faible (0,5 %) en cas de DBG.

Ces données bien que rassurantes sont contradictoires avec les données hollandaises récentes et posent de nouveau la question de l’utilité du traitement endoscopique de ce type de patients. Les résultats de l’étude française multicentrique randomisée “Radiofréquence et DBG” comparant surveillance et radiofréquence chez les patients ayant un EBO en DBG sont donc attendus avec impatience et devraient permettre de trancher.