Endoscopy 2015; 47(07): 664
DOI: 10.1055/s-0035-1547136
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Commentaire du travail de Ono S et al., pp. 632

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Publication Date:
26 June 2015 (online)

 

Satoshi Ono, Mitsuhiro Fujishiro, Naohiro Yoshida, Hisashi Doyama, Toshiro Kamoshida, Shinji Hirai, Teruhito Kishihara, Yorimasa Yamamoto, Hiroyuki Sakae, Atsushi Imagawa, Masaaki Hirano, Kazuhiko Koike. Thienopyridine derivatives as risk factors for bleeding following high risk endoscopic treatments: Safe Treatment on Antiplatelets (STRAP) study.

Commentaires: Julien Branche, Maxime Palazzo, Marine Camus, Gabriel Rahmi, Gilles Lesur

Les dérivés des thiénopyridines sont de plus en plus utilisés en prévention cardio-vasculaire. Il y a encore peu de données sur l’attitude à avoir vis-à-vis de ces drogues en cas d’endoscopie digestive thérapeutique.

Cette étude multicentrique observationnelle était conduite dans 6 centres experts japonais auprès de patients continuant de recevoir des antiagrégants pour des gestes à type soit de dissection sous-muqueuse (n = 21), soit de mucosectomie (n = 5). Le siège des lésions traitées était essentiellement gastrique (n = 22). Le traitement anti-agrégant consistait le plus souvent en de l’aspirine (n = 25), du clopidogrel (n = 14), de la ticlopidine (n = 5) en monothérapie dans 11 cas et en association dans 17 cas. Dix-neuf patients recevaient un dérivé des thiénopyridines.

L’étude allait être interrompue précocement du fait de la survenue de 7 hémorragies graves, toujours après dissection sous-muqueuse (estomac n = 6, côlon n = 1). Une analyse univariée montrait que le seul facteur de risque de survenue de ces hémorragies graves était l’administration après le geste de thiénopyridines (p = 0,01). Une analyse dans le groupe des gestes gastriques confirmait que la prise de thiénopyridines (p = 0,001) et de 2 anti-agrégants (p = 0,02) était significativement associée au risque de saignement. Toutes les hémorragies retardées (11,2 ± 3,5 jours) survenaient à la reprise des thiénopyridines (2,3 ± 2,4 jours).

Les auteurs concluent que la dissection sous-muqueuse, notamment gastrique, est associée à un haut risque d’hémorragie grave en cas d’association thiénopyridine/aspirine. En revanche, lorsqu’un tel geste est envisagé, la poursuite de l’aspirine en monothérapie est possible.