Endoscopy 2015; 47(06): 570
DOI: 10.1055/s-0035-1547093
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Commentaire du travail de Verfaillie CJ et al., pp. 493

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Publication Date:
01 June 2015 (online)

 

Charlotte J. Verfaillie, Marco J. Bruno, Anne F. Voor in ’t holt, Jolanda G. Buijs, Jan-Werner Poley, Arjo J. Loeve, Juliette A. Severin, Leo F. Abel, Bert J. Smit, Inge de Goeij, Margreet C. Vos. Withdrawal of a novel-design duodenoscope ends outbreak of a VIM-2-producing Pseudomonas aeruginosa.

Commentaires: Gilles Lesur, Maxime Palazzo, Nicolas Musquer, Marine Camus, Julien Branche

Cet article atypique car microbiologique n’en est pas moins intéressant du fait de sa forte implication endoscopique. L’infection est une complication méconnue de la CPRE probablement parce que son diagnostic est difficile et son incidence sous-estimée. Cette équipe néerlandaise en a fait l’expérience. Un nouveau duodénoscope Olympus (TJF-180V) avait été introduit dans le parc d’endoscope du service de gastroentérologie de l’hôpital de Rotterdam. Cet endoscope présentait un nouveau fonctionnement avec, notamment à son extrémité distale, une modification du mécanisme de l’érecteur et la présence d’un capuchon fixe, le tout permettant un gain de temps lors de la décontamination de l’endoscope en évitant une étape spécifique de nettoyage manuel du canal propre à l’érecteur, ce canal n’existant plus.

Une enquête épidémiologique a dû être diligentée du fait d’une recrudescence anormale de cas d’infection à Pseudomonas aeruginosa multirésistant du même type: 22 cas en 4 mois, 10 fois plus qu’en temps normal. L’ensemble de ces patients avait eu une CPRE avec ce nouveau duodénoscope chez lequel a secondairement été isolé, étude moléculaire à l’appui, la même bactérie au sein du mécanisme de l’érecteur. La mise en quarantaine de ces appareils a d’ailleurs permis de diminuer significativement l’incidence de ce type d’infection. Au final, après enquête interne, saisie des instances de santé nationale et malgré rectification des recommandations de procédure de nettoyage de ces nouveaux duodénoscopes par la société Olympus, cet hôpital de Rotterdam a décidé d’abandonner définitivement ce type d’endoscope.

Au total, deux enseignements: d’une part, le progrès technologique n’exclut pas une évaluation permanente des pratiques sur le terrain; d’autre part, la professionnalisation du circuit de décontamination des endoscopes est indispensable et doit impliquer une équipe multidisciplinaire et transversale réunissant endoscopistes, infectiologues, microbiologistes, biomédicaux et industriels, seule façon d’optimiser les procédures et de garantir un suivi rigoureux des appareils.