Endoscopy 2015; 47(05): 476
DOI: 10.1055/s-0035-1547040
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Commentaire du travail de Bai Y et al., pp. 415

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Publication Date:
24 April 2015 (online)

 

Yu Bai, Xu Ren, Xiao-Feng Zhang, Nong-Hua Lv, Xue-Gang Guo, Xin-Jian Wan, Zhan-Guo Nie, Shu-Tang Han, Ping Bie, De-An Tian, Ming Ji, Zhao-Shen Li. Prophylactic somatostatin can reduce incidence of post-ERCP pancreatitis: multicenter randomized controlled trial.

Commentaires: Julien Branche, Laurent Heyries, Marine Camus, Emmanuel Coron, Gilles Lesur

La pancréatite aiguë (PA) est une complication rare mais potentiellement grave de la CPRE. Parmi les méthodes proposées pour réduire la survenue de ce type de complication l’utilisation de somatostatine, qui réduit la sécrétion pancréatique, a jusqu’à maintenant donné des résultats discordants.

Le but de ce travail chinois était, dans le cadre d’un essai prospectif randomisé multicentrique, de comparer un groupe de patients non traités et un groupe recevant un bolus de 250 µg de somatostatine, suivi d’une perfusion de 250 µg/h pendant 11 heures. Neuf cent patients étaient inclus, 445 dans le groupe somatostatine et 455 dans le groupe non traité. La PA post-CPRE était définie par la présence de des douleurs abdominales et d’une élévation de l’amylasémie à plus de 3N. Aucune différence significative n’était notée entre les deux groupes de patients, notamment en termes de durée de cathétérisme et de motifs de l’exploration endoscopique. Une PA survenait dans 34 cas (7,5 %) dans le groupe contrôle (IC à 95 %: 5,4 % – 10,3 %) et chez 18 patients (4,0 %) dans le groupe recevant de la somatostatine (IC à 95  %: 2,6 % – 6,3 %, p = 0,03). Une hyperamylasémie survenait chez 46 patients (10,1 %) dans le groupe contrôle (IC à 95  % : 7,7 % – 13,2 %) et dans 27 cas en cas de traitement par la somatostatine (IC à 95 %: 4,2 % – 8,7 %; p = 0,03). Il n’y avait pas de différence significative entre les patients considérés comme à risque de PA (âge jeune, sexe féminin, antécédent de PA, difficultés de cannulation, voie biliaire fine, pancréas divisum, dysfonction du sphincter d’Oddi …) et ceux sans facteur de risque spécifique. Aucune des PA n’était sévère.

Cet essai sans placebo et non réalisé en double aveugle n’emporte pas la conviction. On s’étonne en particulier de l’absence de donnée morphologique (tomodensitométrie) et de l’utilisation du dosage de l’amylasémie et non de la lipasémie comme critère diagnostique. Comme recommandée par l’ESGE (Prophylaxis of post-ERCP pancreatitis: ESGE Guideline-Updated June 2014. Endoscopy 2014; 46: 799 – 815) la meilleure prévention de la PA post-CPRE reste donc les AINS, idéalement par voie rectale, et éventuellement, selon le contexte, la mise en place d’une prothèse pancréatique.