Endoscopy 2015; 47(05): 476
DOI: 10.1055/s-0035-1547038
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Commentaire du travail de Shun H et al., pp. 398

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Publication Date:
24 April 2015 (online)

 

Shun He, Jacques Bergman, Yueming Zhang, Bas Weusten, Liyan Xue, Xiumin Qin, Lizhou Dou, Yong Liu, David Fleischer, Ning Lu, Sanford M. Dawsey, Gui-Qi Wang. Endoscopic radiofrequency ablation for early esophageal squamous cell neoplasia: report of safety and effectiveness from a large prospective trial.

Commentaires: Julien Branche, Laurent Heyries, Marine Camus, Emmanuel Coron, Gilles Lesur

L'ablation par radiofréquence endoscopique (ARF) est une thérapie ayant prouvée son efficacité dans l'œsophage de Barrett. Des données récentes de la littérature, sur des petites séries de patients, suggèrent également un rôle possible de l’ARF dans le traitement des néoplasies épidermoïdes superficielles de l’œsophage. Le but de cette étude était d'évaluer l'innocuité et l'efficacité de l'ARF pour le traitement des néoplasies intraépithéliales épidermoïdes de l’œsophage avec dysplasie de grade intermédiaire/haut grade ou carcinome in situ.

Cette étude de cohorte prospective inclut des patients lugol négative et pour laquelle un consensus anatomopathologique confirmait une dysplasie intermédiaire ou de haut grade. L’ARF était réalisée lors d’une première session chez les patients sélectionnés, puis une surveillance endoscopique avec biopsies était réalisée à trois mois. En cas d’absence de dysplasie intermédiaire, de haut grade et de cancer in situ, la surveillance était réalisée à 12 mois. En cas de persistance d’un de ces trois résultats histologiques, un nouveau traitement était appliqué à 3 mois ± 6 mois, et 9 mois jusqu'à ce que toutes les biopsies soient négatives pour la dysplasie intermédiaire/haut grade et le carcinome in situ et l’ensemble des patients étaient évalués à 12 mois. Les critères de jugement principaux étaient la réponse complète à 3 et 12 mois (absence de dysplasie intermédiaire, de haut grade ou de carcinome), la progression néoplasique et les événements indésirables.

Un total de 96 patients a participé à l’étude (45 dysplasies intermédiaires, 42 dysplasies de haut grade, 9 carcinomes épidermoïdes intra-muqueux). A 3 et 12 mois, 73 % (70/96) et 84 % (81/96) des patients, respectivement, ont montré une réponse complète. Deux patients (2 %) ont progressé (dysplasie moyenne vers dysplasie sévère, dysplasie sévère vers carcinome épidermoïde T1m2). Ces deux patients ont été traités par voie endoscopique avec obtention d'une réponse complète. Une sténose survenait après traitement chez 20 patients (21 %), tous après ARF circonférentielle. Une moyenne de 1,9 ± 0,8 sessions d’ARF était réalisée par patient. En raison du taux élevé de sténose en début de protocole, celui-ci a évolué au cours du temps (4 protocoles successifs). Une analyse de sous-groupe des différentes variations d’applications de la radiofréquence a été réalisée (4 groupes). Le sous-groupe de patients présentant le moins de sténose (6 % [6/17]) avait eu un protocole avec application de lugol/ARF 12J/cm2, application simple, sans nettoyage (82 % sur 12 mois de réponse complète [14/17]. Aucune complication sérieuse n’est survenue notamment perforation ou infection, on note un épisode d’hémorragie non grave sur un marquage à l’argon de la zone à traiter par radiofréquence. Tous les patients ayant eu une sténose ont été traité avec succès par dilatation endoscopique avec une médiane de 4 sessions (interquartile 2 – 6).

En conclusion, chez les patients atteints de néoplasies épidermoïdes superficielles de l’œsophage au moins au stade de dysplasie moyenne, l’ARF est associé à un taux de réponse complète intéressant avec un profil d'innocuité acceptable. Plusieurs limites de l’étude sont à noter: l’absence de comparaison avec un groupe contrôle (traitement endoscopique/chirurgie), le recul de seulement 12 mois sur la réponse et l’absence de données sur la dysplasie de bas grade.