Endoscopy 2015; 47(09): 869
DOI: 10.1055/s-0034-1392963
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Commentaire du travail de Poincloux L et al., pp. 794

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Publication Date:
28 August 2015 (online)

 

Laurent Poincloux, Olivier Rouquette, Emmanuel Buc, Jocelyn Privat, Denis Pezet, Michel Dapoigny, Gilles Bommelaer, Armando Abergel. Endoscopic ultrasound-guided biliary drainage after failed ERCP: cumulative experience of 101 procedures at a single center.

Commentaires: Gilles Lesur

La CPRE ne permet pas toujours le drainage d’un obstacle biliaire. Dans ces cas d’échec, on considère généralement que la meilleure solution est un drainage transcutané. Mais l’abord des voies biliaires à l’aide d’une échoendoscopie est de plus en plus souvent une option thérapeutique de choix.

Dans ce travail français réalisé à Clermont-Ferrand, les auteurs ont étudié rétrospectivement 101 cas de drainage biliaire guidé par échoendoscopie réalisée entre février 2006 et février 2013. Le geste endoscopique était réalisé par un seul opérateur. L’approche était faite par voie intra-hépatique dans 71 cas (66 hépato-gastrostomies, 5 techniques du rendez-vous) ou par voie extra-hépatique (26 cholédoco-duodénostomies, 1 cholédoco-jéjunostomie, 1 cholédoco-antrostomie, 2 cholangiographies guidées par échoendoscopie). Un succès technique et clinique était obtenu dans respectivement 98 % et 92,1 % des cas. Il n’y avait pas de différence d’efficacité entre les hépato-gastrostomies et les cholédoco-duodénostomies (94 % vs 90 %, p = 0,69), ni en terme d’incidence de complications majeures (10,6 % vs 6,7 %, p = 1). Des effets indésirables survenaient chez 12 patients (11,9 %): 10 dans le groupe hépato-gastrostomie et 2 dans le groupe cholédoco-duodénostomie. Six décès dans les suites de la procédure étaient à déplorer, dont 5 dans la première partie de l’expérience clinique et un seul chez les 51 derniers patients. Le type de geste (hépato-gastrostomie vs cholédoco-duodénostomie), le type de prothèse mise en place (plastique vs métal), l’existence d’un drainage naso-biliaire ou l’utilisation d’octréotide après le geste n’avait pas d’incidence sur le risque de fuite biliaire.

Les auteurs concluent que le drainage biliaire guidé par échoendoscopie est une technique certes efficace mais à la morbidité significative, surtout en début d’expérience. Cette morbidité diminuant avec l’expérience, il est souhaitable de réserver la réalisation de ces gestes à des centres experts. Des études comparant le drainage percutané au drainage guidé par écho-endoscopie sont maintenant nécessaires.