Endoscopy 2015; 47(03): 276-277
DOI: 10.1055/s-0034-1391727
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Commentaire du travail de Condiotte AM et al., pp. 232

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Publication Date:
25 February 2015 (online)

 

Allegra M. Condiotte, Douglas J. Robertson, Cory Blodgett, Todd A. MacKenzie, Heiko Pohl. “Running late” and adenoma detection – is there an association?.

Commentaires: Julien Branche, Maximilien Barret, Laurent Heyries, Marine Camus

Le temps de retrait de l’endoscope au cours d’une coloscopie est un facteur influençant de façon significative la qualité de l’examen. Celle-ci est actuellement majoritairement appréciée, dans le cadre des coloscopies de dépistage ou de surveillance, par le taux de détection des adénomes. Cette donnée correspond à la proportion de coloscopies diagnostiquant au moins un adénome, et doit être interprétée en complément du nombre d’adénomes par coloscopie. Il parait cependant évident que ce n’est pas le temps de retrait en lui-même, mais bien la qualité de l’attention portée à la muqueuse colique qui importe le plus. Condiotte et al. ont cherché à déterminer, comme cela a pu être démontré en chirurgie et en anesthésie, si le retard sur le programme de la salle d’endoscopie, par le biais du stress de l’endoscopiste, pouvait influencer les performances diagnostiques de la coloscopie.

Mille cinq-cent cinq coloscopies, réalisées par 11 gastro-entérologues d’un centre expert universitaire aux Etats-Unis, étaient étudiées rétrospectivement. La qualité des coloscopies était globalement bonne, avec 98,3 % de taux d’intubation caecale, 91,7 % de préparations bonnes ou excellentes et une durée d’examen médiane de 29 minutes. En conséquence, le taux global de détection des adénomes était de 34 % avec en moyenne 0,63 adénomes par patient. Vingt et un pour cent des coloscopies commençaient à l’heure prévue, 11 % avaient plus d’une heure de retard, et le retard médian était de 18 minutes. De grandes différences étaient constatées entre les opérateurs, en termes de durée moyennes de retard (de 4 à 45 mn), mais aussi de taux de détection des adénomes (de 22,9 % à 46,6 %). En comparant entre elles les performances des examens regroupés en quartiles de durée de retard ou en strates de 15 minutes de retard, les auteurs montraient que le taux de détection des adénomes n’était pas affecté par le retard avec lequel l’examen avait débuté. Il est important de noter que la durée moyenne des examens n’était pas influencée par le retard éventuel. En analyse multivariée, les facteurs associés au taux de détection des adénomes étaient le sexe masculin, l’âge avancé, la coloscopie indiquée pour surveillance (et non dépistage), et l’endoscopiste.

Dans ce travail, les auteurs observent que, quel que soit le retard avec lequel l’endoscopiste débute sa coloscopie, ni la durée, ni surtout la qualité de l’examen ne sont affectées. Le grand nombre de coloscopies étudiées, ainsi que la multiplicité des opérateurs, rendent les conclusions du travail robuste et suggèrent de dédramatiser les conséquences du retard sur les programmes d’endoscopie. Enfin, ce travail souligne les importantes variations dans le taux de détection des adénomes entre les endoscopistes. Il faudra donc chercher ailleurs que dans les conditions de réalisation de l’examen une explication à ces disparités de qualité de la coloscopie entre endoscopistes …