Endoscopy 2015; 47(03): 276
DOI: 10.1055/s-0034-1391724
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Commentaire du travail de Garborg K et al., pp. 192

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Publication Date:
25 February 2015 (online)

 

Kjetil Garborg, Michal F. Kaminski, Wolfgang Lindenburger, Håvard Wiig, Audun Hasund, Ewa Wronska, Rolf Bruun Bie, Britta Kleist, Leif Løvdal, Øyvind Holme, Mette Kalager, Geir Hoff, Michael Bretthauer. Water exchange versus carbon dioxide insufflation in unsedated colonoscopy: a multicenter randomized controlled trial.

Commentaires: Julien Branche, Maximilien Barret, Laurent Heyries, Marine Camus

Si la coloscopie sous anesthésie générale est la règle en France, il s’agit d’un confort que ne peuvent s’offrir tous les gastroentérologues et les malades européens. La lourdeur de l’organisation, les risques spécifiques de l’analgésie et surtout le coût de l’anesthésie favorisent le développement d’alternatives pour limiter l’inconfort de l’endoscopie. Les insufflateurs à CO² sont apparus dans les unités d’endoscopie avec le développement de l’endoscopie interventionnelle : ils permettent l’insufflation au CO², mieux toléré que l’air habituellement utilisé. Moins connu, la méthode d’échange à base d’eau permet de remplir et vider le côlon d’eau lors de la progression de l’endoscope pour en explorer la lumière.

Dans cet essai multicentrique norvégien, les auteurs ont comparé pour la première fois l’efficacité de ces deux méthodes d’exploration colique sans analgésie. Quatre cent soixante-treize malades étaient randomisés (1/1) pour une coloscopie sans anesthésie par l’une ou l’autre des méthodes, et remplissaient un questionnaire de ressenti de la douleur au terme de l’examen. Au terme des examens, la proportion de malades rapportant des douleurs modérées à sévère était similaire dans les deux groupes. Cependant la proportion de malades ne rapportant aucune douleur était supérieure dans le groupe eau (44 %) par rapport au groupe CO² (31 %, p = 0,003). L’objectif principal de ce travail était de tester la progression assistée par l’eau par rapport à l’insufflation au CO² en termes de confort pour le malade, ce qui rend ce travail très original dans la littérature. Si cet objectif n’a pas été confirmé dans cette série, la proportion de malades ne rapportant aucune douleur lors de la coloscopie à l’eau était significativement supérieure, ce qui encourage les auteurs à poursuivre leurs travaux dans cette direction.