Endoscopy 2015; 47(02): 183
DOI: 10.1055/s-0034-1389864
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Commentaire du travail de Odagiri H et al., pp. 143

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Publication Date:
30 January 2015 (online)

 

Hiroyuki Odagiri, Hiroki Matsui, Kiyohide Fushimi, Mitsuru Kaise, Hideo Yasunaga. Factors associated with perforation related to diagnostic balloon-assisted enteroscopy: analysis of a national inpatient database in Japan.

Commentaires: Emmanuel Coron, Laurent Heyries, Max Barret

Le plissage de l’intestin grêle sur un entéroscope peut provoquer une perforation dont la fréquence rapportée varie entre 0, 1 et 0,6  %. Le Japon a mis en place un observatoire qui a permis de recueillir les données relatives aux entéroscopies diagnostiques (les entéroscopies thérapeutiques pouvant présenter un surrisque de perforation liée au traitement) en excluant les lymphomes du grêle au cours desquels une perforation peut être secondaire à une chimiothérapie.

De juillet 2007 à mars 2013, 29068 patients ont eu une entéroscopie diagnostique et 32 ont présenté une perforation nécessitant un traitement chirurgical, soit un taux de perforation de 0,11 %. Une analyse en régression logistique univariée (l’analyse multivariée n’a pas été possible en raison d’un effectif trop faible) a montré que l’existence d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) et la prise de stéroïdes étaient les principaux facteurs de risque de perforation. Un patient sans aucun facteur de risque a un risque de perforation de 0,07 % alors que ce risque est multiplié par 2,5 s’il existe une MICI, par 3,3 si le patient est traité par stéroïdes et par 8,6 s’il présente une MICI nécessitant des stéroïdes.

Les limites de cette étude sont liées à l’absence de précisions concernant le type d’entéroscope (simple ou double ballon), la voie d’abord (haute ou basse), l’expérience de l’opérateur, les antécédents de chirurgie abdominale, la sévérité et l’histoire de la MICI. Le petit effectif des patients chez qui survenaient une perforation (n = 32) peut expliquer un manque de puissance à montrer des différences significatives. Cette étude a néanmoins l’intérêt d’apporter un message clair sur une complication qui reste rare (0,11 %) mais particulièrement à redouter chez des patients souffrant de MICI et traités par stéroïdes qui ont un risque relatif de perforation multiplié par 8,6.