Endoscopy 2014; 46(05): 455
DOI: 10.1055/s-0034-1367552
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Commentaire de travail de Gincul R et al., pp. 373

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Publication Date:
15 April 2014 (online)

 

Rodica Gincul, Maxime Palazzo, Bertrand Pujol, Florence Tubach, Laurent Palazzo, Christine Lefort, Fabien Fumex, Alexandra Lombard, Daniel Ribeiro, Monique Fabre, Valerie Hervieu, Michel Labadie, Thierry Ponchon, Bertrand Napoléon. Echoendoscopie de contraste-harmonique pour le diagnostic d’adénocarcinome du pancréas: un essai multicentrique prospectif.

La valeur prédictive négative de la ponction sous échoendoscopie pour le diagnostic d’adénocarcinome du pancréas est faible (30 – 70 %). L’échoendoscopie de contraste-harmonique (EC), qui consiste en l’étude de la microvascularisation tissulaire après injection d’agents de contraste ultrasonore, permet une caractérisation des lésions solides du pancréas. Plusieurs travaux ont souligné l’intérêt de cette technique pour le diagnostic d’adénocarcinome du pancréas. Cette étude française multicentrique de Gincul et al. évaluait prospectivement, les performances diagnostiques de l’EC pour le diagnostic d’adénocarcinome dans les lésions solides du pancréas.

Cent patients ayant une échoendoscopie avec cyto-ponction pour évaluation d’une masse solide du pancréas de nature indéterminée étaient inclus. Tous les malades avaient successivement une échoendoscopie linéaire en “B-mode” et doppler, une EC après injection de Sonovue et une cyto-ponction à l’aiguille. L’opérateur classait la lésion comme hypovasculaire, isovasculaire ou hypervasculaire par rapport au parenchyme pancréatique adjacent. Les lésions hypovasculaires étaient considérées comme des adénocarcinomes. Le diagnostic final était basé sur l’histologie obtenue par ponction à l’aiguille ou prélèvement chirurgical. En l’absence d’histologie, les patients étaient suivis pendant 1 an. A la fin de l’étude, les enregistrements vidéo étaient revus par 7 échoendoscopistes, dont 5 séniors ayant déjà pratiqués l’EC et 2 juniors sans expérience de la technique. Cette relecture avait lieue après un enseignement court (15 minutes), par des vidéos explicatives de la sémiologie en contraste. Pour chaque patient, chacun des échoendoscopistes devait répondre à la question: adénocarcinome oui ou non? Pour les cas discordants, un consensus pour un diagnostic final était obtenu. Les performances diagnostiques et la concordance inter-observateur étaient ainsi déterminées. Deux opérateurs (un senior et un junior) revoyaient une seconde fois les enregistrements dans le désordre afin de permettre le calcul d’une concordance intra-observateur.

Soixante-neuf adénocarcinomes, 10 tumeurs neuroendocrines, 13 pancréatites chroniques et 8 autres lésions étaient évalués. La précision diagnostique, la sensibilité, la spécificité, la valeur prédictive positive, la valeur prédictive négative étaient de 95 %, 96 %, 94 %, 97 % et 91% pour l’EC et de 95 %, 93 %, 100 %, 100 % et 86 % pour la ponction sous échoendoscopie sans différence statistiquement significative. Les performances étaient équivalentes entre les seniors et les juniors. Cinq faux-négatifs de la ponction étaient correctement classés comme adénocarcinome par le contraste. La concordance inter-observateur était bonne (Kappa = 0,66), la concordance intra-observateur était bonne à excellente (Kappa = 0,76 pour le junior et = 0,90 pour le senior).

Cette étude montre qu’en cas de lésion pancréatique solide de nature indéterminée, l’échoendoscopie de contraste en permettant de reconnaître les lésions hypovasculaires est aussi performante que la ponction pour le diagnostic d’adénocarcinome du pancréas. Cette méthode est reproductible et simple comme en témoigne les concordances inter- et intra-observateur et l’absence de différence de performances entre seniors et juniors après un enseignement court de la technique. L’utilisation de l’EC dans la caractérisation des lésions solides du pancréas est donc très prometteuse. Il faut également souligner, dans ce travail, les performances de la ponction qui étaient très élevées avec une sensibilité de 93 % et une valeur prédictive négative de 86 %, l’EC permettant souvent le guidage de la zone à ponctionner. En cas de ponction non contributive, la valeur prédictive négative élevée de l’EC pourrait permettre de choisir entre la chirurgie, une nouvelle ponction sans délai ou un suivi.