Endoscopy 2008; 40(08): 796-797
DOI: 10.1055/s-0032-1306858
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Commentaire de travail de P. R. de Reuver et al., pp. 637

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Publication Date:
12 March 2012 (online)

 

P. R. de Reuver, M. A. G. Sprangers, E. A. J. Rauws, J. S. Lameris, O. R. Busch, T. M. van Gulik, D. J. Gouma. Impact sur la qualité de vie des traumatismes de la voie biliaire principale au cours de cholécystectomie cœlioscopique: étude longitudinale après traitement multidisciplinaire

La question à laquelle va tenter de réponde cette étude concerne l'évaluation de la qualité de vie (QoL) à long terme chez des patients ayant eu une lésion des voies biliaires, et qui ont cliniquement guéri de leur problème.

De janvier 1990 à mars 2005, des 462 patients prospectivement inclus et suivis, 403 ont participé à l'étude (39 décès, 14 perdus de vue et 6 repartis dans leur pays d'origine).

Ce groupe de patients a été comparé à un groupe similaire de 114 patients ayant eu une cholécystectomie laparoscopique, mais sans complication (pour lequel on n'a eu que 80 réponses) et aussi à un groupe similaire de témoins. Deux QoL ont été utilisés: un de gastro-entérologie générale et 1 déjà profilé pour les problèmes de lésions des voies biliaires; ces 2 questionnaires regroupent des items physiques, émotionnels et mentaux s'étalant sur 2 semaines. Des questions étaient aussi posées sur l'existence d'une action en justice et sur ses conséquences si le verdict avait été rendu.

Des 403 patients retenus pour l'étude, seulement 278 (69%) ont répondu. Tout ce qu'on a pu vérifier est que le taux de réponse n'a pas été fonction du type de chirurgie à l'origine des problèmes; par contre, il y avait plus de patients qui ont répondu parmi ceux qui avaient eu une section complète du cholédoque.

Les traitements correcteurs ont été la chirurgie reconstructrice pour 37%, l'endoscopie pour 47% et une approche radiologique pour les 16% restants.

L'évaluation par le QoL gastro-entérologique faite 5,9 ans après le traitement réparateur, montre des scores légèrement plus faibles par rapport à la population générale ou à celle des opérés sans complications: surtout pour le domaine fonctionnel et celui de l'émotionnel. Le score spécifique du QoL biliaire relève des différences, là encore faibles pour les domaines de la vitalité, du fonctionnement social et de l'émotionnel. Le suivi dans le temps de ces scores (à 5,5 ans et 11 ans) montre une amélioration pour ce qui concerne le physique, le social, la santé mentale, l'émotionnel et la vitalité, tandis que le sentiment de douleur et la perception générale de bonne santé se dégradaient avec le temps.

L'étude a dénombré 19% de patients qui ont porté plainte en justice: ces patients avaient des scores significativement plus faibles de composante physique et mentale que le reste du groupe, au moment où l'action en justice était déclenchée. Il faut noter que le résultat de l'action en justice interférait sur ces scores à posteriori: le score de QoL gastro-entérologique général était significativement meilleur chez les patients pour lesquels la faute médicale avait été retenue, que pour les autres.

Des études précédentes avaient plutôt conclu à une récupération complète de toutes les fonctions vitales et mentales après ce genre de complications chirurgicales. Il n'y a pas d'explication évidente à cette discordance, cette étude montrant, au contraire une baisse de toutes les évaluations avec, en prime, une tendance à l'aggravation avec le temps! C'est probablement le résultat le plus intéressant de ce travail que de montrer que les effets délétères des complications de la chirurgie, même correctement traitées par quelque moyen que ce soit, ne disparaissent pas avec le temps.