Endoscopy 2008; 40(06): 545
DOI: 10.1055/s-0032-1306843
Commentaires
© Georg Thieme Verlag KG Stuttgart · New York

Commentaire de travail de E. Rondonotti et al., pp. 488

Further Information

Publication History

Publication Date:
12 March 2012 (online)

 

E. Rondonotti, M. Pennazio, E. Toth, P. Menchen, M. E. Riccioni, G. D. De Palma, F. Scotto, D. De Looze, T. Pachofsky, I. Tacheci, T. Havelund, G. Couto, A. Trifan, A. Kofokotsios, R. Cannizzaro, E. Perez-Quadrado, R. de Franchis. Tumeurs de l'intestin grêle chez les patients ayant eu une vidéocapsule: Etude multicentrique européenne

Cette grande série multicentrique a collecté les cas de tumeurs de l'intestin grêle identifiées dans 29 centres de 10 pays européens, soit 124 cas sur 5129 capsules réalisées dans le cadre de saignements digestifs obscures, douleur abdominale ou recherche d'un cancer primitif (2.4% des examens). Les centres sont en grande majorité italiens et espagnols. Cette étude décrit l'aspect endoscopique en capsule (polype ou masse dans 76% des cas, ulcères 8%, saignement et sténose 6.5% chacun), leur localisation (jéjunum 70%, iléon 23% et duodénum 7% avec une corrélation dans 90% des cas entre la localisation estimée par la capsule et la localisation finale, ce qui est plutôt rassurant). La capsule était stoppée par la tumeur dans 12 cas (9.7%) et il n'y a eu aucun cas de rétention douloureuse (occlusion aigue) comme plusieurs études l'avaient déjà suggéré: la suspicion de tumeur n'est donc pas une contre-indication à l'ingestion de capsule, comme peut l'être une sténose symptomatique de la maladie de Crohn. La répartition des diagnostics histologiques des 124 tumeurs détectée est intéressante car elle diffère de celle des séries endoscopique et chirurgicales publiées par une nette prédominance de tumeurs stromales (32%) suivies par les adénocarcinomes (20%), de tumeur carcinoîde (15%) et de lymphome (10%). La raison est peut-être que les tumeurs stromales sont plus souvent responsables de saignement chronique sans autre signe clinique au contraire par exemple des adénocarcinomes (qui représentent 50% des séries chirurgicales de tumeurs du grêle). Concernant les métastases, le mélanome est largement en tête avec 66% des cas. Cette étude est aussi intéressante car elle présente les conséquences thérapeutiques: chirurgie logiquement dans 118 cas, 1 seul traitement endoscopique car l'identification de polypes bénins est rare dans l'intestin grêle. Un seul point particulièrement intéressant n'a pas été abordé du fait de la méthodologie de l'enquête: la fréquence des tumeurs de l'intestin grêle manquées lors d'un examen par capsule, donnée très incertaine actuellement dans la littérature mais sans doute supérieure au taux de faux négatifs de l'examen par capsule du grêle pour des lésions non tumorales, qui sont en général plus faciles à identifier.