Endoscopy 2010; 42(12): 1121
DOI: 10.1055/s-0032-1306715
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Commentaire de travail de A. Ferréndez et al., pp. 1071

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Publication Date:
20 March 2012 (online)

 

A. Ferréndez, M. Navarro, M. Díez, F. Sopena, P. Roncalés, M. Polo-Tomas, R. Sáinz, A. Lanas. Facteurs de risque de non-détection des adénomes avancés et des cancers colo-rectaux à la coloscopie: la mauvaise préparation n'est pas seule responsable

La coloscopie est l'examen de référence pour le diagnostic des adénomes et du cancer colo-rectal. Toutefois, les études portant sur le nombre de polypes manqués par la coloscopie, basées sur la réalisation d'une double-coloscopie en tandem par deux opérateurs différents, ont rapporté jusqu'à 22% de polypes manqués par la coloscopie toutes tailles confondues, et 2.1% pour les polypes de plus de 10mm. Le but de cette étude rétrospective et monocentrique était d'établir après régression logistique les facteurs de risque de non-détection par une coloscopie précédente des adénomes avancés (>10 mm de diamètre, contingent villeux ou présence d'une dysplasie de haut grade) et des cancers colo-rectaux. La première coloscopie ou coloscopie “de référence” datait de deux ans au plus pour les adénomes avancés et de trois ans au plus pour les cancers colo-rectaux, délai considéré dans ce travail comme insuffisant pour développer des lésions de novo. La nouvelle coloscopie était réalisée dans les conditions habituelles de ce centre hospitalo-universitaire.

Les facteurs de risque indépendants de non-détection des adénomes avancés comprenaient la présence d'un polype quelle que soit sa taille ou d'un adénome avancé à la coloscopie “de référence”, l'âge, le sexe masculin, et les antécédents personnels d'adénome avancé ou de cancer colo-rectal. Une mauvaise préparation colique et la réalisation de la coloscopie par un médecin en formation n'étaient pas associés à un risque augmenté de non-détection des adénomes avancés.

Il faut toutefois nuancer ces résultats du fait du caractère rétrospectif de l'étude, de l'inexistence d'une base de données informatisée, et de l'ancienneté relative des données qui portent sur des coloscopies “de référence” ayant été réalisées entre 2000 et 2002. Il est fort probable que ces résultats soient difficilement extrapolables aux taux de détection de polypes obtenus avec les coloscopes de dernière génération bénéficiant notamment des systèmes de coloration virtuelle tels que le NBI, le FICE ou encore plus récemment l'i-scan. Ils ont toutefois le mérite de souligner que la purge n'est pas le seul élément à prendre en compte comme critère de qualité pour la coloscopie, et de mettre en avant l'importance du terrain et des antécédents personnels des patients dans la détection des adénomes avancés et des cancers colo-rectaux par coloscopie