Endoscopy 2010; 42(06): 522
DOI: 10.1055/s-0031-1291862
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Commentaire de travail de M. Fracchia et al., pp. 448

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Publikationsdatum:
20. März 2012 (online)

 

M. Fracchia, C. Senore, P. Armaroli, R. Ferraris, R. DiPlacido, A. Musso, D. Turco, C. Bellisario, I. Baldi, N. Segnan. Facteur de variation du taux de détection des adénomes au cours de la rectosigmoïdoscopie et impact de l’expertise

La variation taux de détection des adénomes a été précisé depuis la, prise de position de l’ASGE/ACG Task force on quality in endoscopy (DK Rex Am J Gast 2006,101,873-885) qui constatait que le taux de détection des adénomes par VCO dans les études américaines variait de 25 à 40% après 50 ans et que dans ces études la prévalence des adénomes était toujours supérieure à 25% et 15% respectivement chez l’homme et la femme de plus de 50 ans.

Cette variation existe également lors du dépistage par rectosigmoïdoscopie (RSS) en population (n=13764 âgés de 59–64 ans) le taux de détection des adénomes variant de 5,2 à 25% et de 2,5 à 14% respectivement chez l’homme et la femme. Ces % étaient de 3,1 à 10,7 et 0,2 à 7,4% pour les adénomes avancés distaux. L’analyse multivariée retrouvé le sexe masculin, une rectorragie dans le mois précédent et un antécédent familial au 1 degré comme facteur de risque indépendant d’adénome. Après ajustement sur ces 3 critères le nombre annuel de RSS <85 diminuait le RR de TDA (RR 0,66; IC: 0,50–0,86) et son caractère incomplet: la définition d’une RSS incomplète n’est pas très bien précisé mais la moyenne des endoscopistes n’avait pas visualisé 9 à 12% de la surface et de façon peu expliqué dans la discussion le RR diminuait pour un % de non visualisation >12% (RR 0,64; IC: 0,45–0,91 ) mais paradoxalement également pour un % de non visualisation >12% (RR à,59; IC: 0,41–0,86). L’explication avancée dans la discussion assez spéculative réside dans la façon de coter la qualité de préparation et donc du % de surface muqueuse visualisé. Cette appréciation est supposée plus “laxiste” pour ne pas répéter l’acte de RSS et privilégier le confort du patient expliquant que ceux qui cote de façon moins critique la préparation ont également le TDA le plus faible! Il existait un effet centre résiduel faible mais significatif expliquant 1,5% de la variation du TDA qui chutait à 0,5% (non significatif) pour la détection des adénomes avancés. Enfin le temps d’examen par RSS supérieur ou inférieur a 5 minutes (temps choisi car temps moyen des RSS normales) n’influençait pas le TDA ou celui des adénomes avancés.

Plusieurs études ont montré une grande variation du le taux TDA avec une variation de 13 à 21% ou 15 à 40% pour les adénomes et respectivement 1.1 à 3.7% pour les adénomes de plus de1 cm ou de 2.9 à 5.0% pour les adénomes avancés (Atkin etal Clin Gast Hepatol 2004, Chenet al Am J Gast 2007). Il existe plusieurs facteurs confondants: parmi ceux-ci le niveau de risque de CCR et le sexe des sujets était le plus souvent décrit mais a été remis récemment en question dans une large série de surveillance des polypectomies dans le réseau CORI (Liberman Gastroenterology 2008). Dans cette cohorte, la prévalence des adénomes avancés chez les sujets à risque élevé ou moyen de CCR était de 5,2 et 5,3% alors qu’elle s’élevait à 13,5% après recherche de saignement occulte positive dans les selles. Cependant, même dans une population homogène la méta-analyse de sujets à risque moyen de CCR a montré que la prévalence des adénomes ou des adénomes avancés était respectivement de 30 et 6% avec des IC à 95% de 27–33% et de 4–7% (Heitman et al Clin Gast Hepatol 2009). Dans un autre exemple de population homogène par exemple avec recherche positive de saignement occulte dans les selles, le TDA variait de 30 à 33% pour l’ensemble des adénomes (Denis et al Gut 2007). Ce taux de variation en population après dépistage par RSOS positive oscillait entre 25 et 46% (Bretagne et al GIE 2010) celui pour la présence d’au moins 3 adénomes était plus grand (× 4 vs × 2) et oscillait de 2,7 à 12,4% et de 14 à 28% pour celui des adénomes ≥10mm. Cependant, ces taux absolus ne peuvent être pris en considération étant donné la prévalence accrue dans cette population sélectionnée par un test positif de RSOS. Le rôle de l’endoscopiste a été évoqué dans des analyses univariées du TDA ou il variait de 14 à 36% ou pour les adénomes avancés de 2.5 à 5.1% parmi les 9 endoscopistes (Chen Am J Gast 2007). Il n’existe pas de caractérisation du profil des endoscopistes avec un fort ou faible TDA (Chen Am J Gast 2007, Bretagne Epy 2010).

Au total cette étude confirme une variation on négligeable en RSS de dépistage et que parmi les facteurs explicatifs outre ceux caractérisant le patient (homme avec rectorragie récente et antécédent familial au 1 degré), d’autres facteurs (effet centre, nombre annuel de RSS et qualité de la préparation ou son appréciation ?) sont des facteurs de variation surtout pour le TDA lié indirectement à l’endoscopiste!