Endoscopy 2010; 42(04): 350
DOI: 10.1055/s-0031-1291850
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Commentaire de travail de W. D. Lyday et al., pp. 272

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Publication Date:
19 March 2012 (online)

 

W. D. Lyday, F. S. Corbett, D. A. Kuperman, I. Kalvaria, P. G. Mavrelis, A. B. Shughoury, R. E. Pruitt. Destruction par radiofréquence de l'oesophage de Barrett: Evolution de 429 patients à partir d'un registre multicentrique de pratique clinique

De nombreuses techniques de thermoablation ont été testées pour le traitement de la muqueuse de Barrett (MB) dysplasique, surtout quand la dysplasie est multifocale donc difficilement accessible à une technique de résection. La thermoablation par radiofréquence semble la plus séduisante. Elle est simple d'utilisation et permet de traiter en une séance et de manière homogène de large surface de MB (6–8 cm de long sur 360°). Cette technique a fait l'objet d'une large étude multicentrique randomisée contrôlée[1] qui a montré à un an une efficacité significative pour l'éradication de la MB en dysplasie de bas et haut grade chez 81 à 91% des malades, et un très faible taux de complication (6%) représenté par des sténoses traitées efficacement par dilation. Mais il s'agissait de centres universitaires très spécialisés dans la prise en charge de cette pathologie.

Le travail de Lyday et al. est plus proche de la “vraie vie”. Il s'agit d'un registre multicentrique de centres non universitaires, avec un large effectif de patients traités par des gastroentérologues américains ayant des modes d'exercices différents.

Pendant 4 ans, 429 malades ayant une MB, dysplasique ou non, ont été traitée par radiofréquence (HALO360 et HALO90 BARRX°). Comme dans la plupart des études, en cas de lésion macroscopiquement visible en dysplasie de haut grade ou carcinomateuse, une résection par mucosectomie était réalisée avant la thermoablation deux mois plus tard. La procédure et le suivi sont classiques: application de N acétylcystéïne pour enlever le mucus, et deux séries de thermoablation lors de la même séance, contrôle tous les 2–4 mois avec retraitement si îlots résiduels de MB macroscopiquement visible, et biopsies étagées systématiques même en cas de réepithélialisation malpighienne pour confirmer l'éradication anatomopathologique. Certains centres arrêtaient la surveillance anatomopathologique dès l'éradication obtenue, d'autant poursuivait la surveillance pendant au moins une année.

La technique semble dans cette étude de 429 malades comme les précédentes, simple et surtout sure: peu de complication, uniquement représentée par des sténoses (1,1%) prise en charge de manière endoscopique avec succès, des douleurs thoraciques post procédures modérées. Si l'on prend que les malades ayant un suivi de plus d'un an (n=138) avec protocole biopsique, l'éradication de la métaplasie intestinale est retrouvée dans 77%, de la dysplasie dans 100% des cas. Les résultats en terme de complications et d'efficacité sont donc assez similaires aux études réalisées dans les centres universitaires expérimentés. Il est à noter tout de même que la grande majorité des MB traitées par radiofréquence était non dysplasique (73%) et qu'il s'agissait de MB relativement courte (moyenne de 3 cm, maximum 5 cm) ce qui explique probablement le faible taux de sténose.