Endoscopy 2010; 42(03): 241
DOI: 10.1055/s-0031-1291839
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Commentaire de travail de U. Günther et al., pp. 197

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Publication Date:
16 March 2012 (online)

 

U. Günther, S. Daum, F. Heller, M. Schumann, C. Loddenkemper, M. Grünbaum, M. Zeitz, C. Bojarski. Diagnostic value of confocal endomicroscopy in coeliac disease

L’endomicroscopie confocale (EMC) est une nouvelle méthode de diagnostic endoscopique basée sur l’illumination de la muqueuse digestive par un laser à basse puissance, permettant sa visualisation à l’échelon sub-cellulaire grâce à un grossissement d’environ 1000 fois. Contrairement à la technique d’endocytoscopie utilisée dans le papier de Matysiak et al. publié dans ce même numéro, l’EMC nécessite l’administration d’un agent fluorescent par voie intraveineuse et/ou topique locale afin d’obtenir les images. Dans cette série prospective monocentrique, Günther et al. ont évalué les performances diagnostiques de l’EMC (système Pentax, i.e. l’endomicroscope est intégré à l’endoscope) dans la maladie coeliaque (MC) en utilisant un double marquage fluorescent par la fluorescéine en intraveineux et l’acriflavine en topique local, ce dernier agent permettant d’identifier les noyaux des lymphocytes intraépithéliaux (LIE). Ils ont étudié les images EMC et les biopsies standard dans le duodénum chez 30 patients atteints de MC et chez 30 témoins (contrôles). Chez ces derniers, la muqueuse duodénale était considérée comme normale dans 100% des cas par l’EMC, ce qui était confirmé par l’histologie standard. En revanche, chez les patients ayant une MC, la sensibilité globale de l’EMC n’était que de 76%. Si l’on regarde de plus près les critères évalués, on note que la sensibilité de l’ECM était très variable selon le critère évalué: atrophie villositaire (74%), hyperplasie des cryptes (52%), hyperlymphocytose intra-épithéliale (81%). De plus, dans cette étude l’ECM ne permettait pas d’évaluer le degré d’atrophie villositaire (i.e. partielle ou complète). Les auteurs concluaient à la nécessité d’avancées technologiques avant de considérer l’utilisation de l’ECM en pratique clinique dans cette indication.

Les raisons de ce manque de sensibilité peuvent s’expliquer, au moins en partie, par des raisons techniques, telles que l’absence de caractère dynamique des images ou éventuellement certaines difficultés de positionnement de l’appareil. Par rapport à l’étude de Matysiak et al., la mise en évidence d’une hyperlymphocytose intra-épithéliale ne semble donc pas apporter de supériorité diagnostique. L’utilisation de l’acriflavine pour identifier les LIE peut également être critiquable. En effet, cet agent a été rapporté comme étant potentiellement mutagène, et il est probable que son utilisation, surtout à des fins de recherche, soit très restreinte sur le plan réglementaire. Pour conclure, il faut également noter que dans cette étude la spécificité de l’ECM était excellente (100%) de même que la corrélation interobservateur (0,84 à 1,00), ce qui est encourageant pour poursuivre dans cette voie de recherche avec l’exploration de nouveaux critères diagnostiques, et éventuellement de nouveaux fluorophores.