Endoscopy 2010; 42(03): 241
DOI: 10.1055/s-0031-1291838
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Commentaire de travail de T. Matysiak-Budnik et al., pp. 191

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Publication Date:
16 March 2012 (online)

 

T. Matysiak-Budnik, E. Coron, J.-F. Mosnier, M. Le Rhun, H. Inoue, J.-P. Galmiche. Imagerie in vivo en temps réel par endocytoscopie de la muqueuse duodénale au cours de la maladie caeliaque

L’endocytoscopie est une nouvelle méthode de diagnostic endoscopique basée sur une lentille optique permettant d’obtenir un très fort niveau de grossissement. Cette méthode permet ainsi d’observer la surface de la muqueuse digestive à l’échelon cellulaire. Contrairement aux appareils de microscopie confocale par fluorescence, elle a pour principal avantage de ne pas nécessiter d’injection de fluorophore, mais utilise l’application topique locale de bleu de méthylène pour marquer les cellules épithéliales. Cette technique développée par Olympus n’est pas commercialisée actuellement mais plusieurs prototypes existent, permettant un grossissement de × 450 à × 1100 selon l’appareil utilisé. Dans cette étude monocentrique française sur 23 patients, Matysiak et al. ont évalué l’efficacité d’un prototype d’endocytoscope (XEC300, grossissement × 450) pour le diagnostic de maladie coeliaque. Seize patients ayant une maladie coeliaque à différents stades ont été comparés à 7 témoins. Un score endocytoscopique basé sur des paramètres fonctionnels et morphologiques a été construit dans la première phase de l’étude (n=8) puis a été évalué dans la seconde phase (n=15). La sensibilité et la spécificité de l’endocytoscopie pour le diagnostic d’atrophie villositaire (partielle ou totale) étaient respectivement de 88% et 100%. Le score endocytoscopique était étroitement corrélé à la classification histologique de Marsh.

Plusieurs commentaires peuvent être apportés concernant les avantages et les inconvénients de l’endocytoscopie dans la maladie coeliaque. Cette méthode apparaît réellement attractive dans le duodénum, car elle permet l’obtention de‘ biopsies optiques’ bien orientées et l’observation de multiples zones muqueuses de manière rapide et non-invasive, dans cette pathologie qui peut avoir une distribution hétérogène sous forme de ‘patchs’ de muqueuse atteinte. Elle pourrait ainsi se substituer aux biopsies standards qui posent parfois un problème d’interprétation dû à l’orientation de la biopsie lors de la coupe, et de risque d’erreur d’échantillonnage. Cependant, elle ne permet pas d’identifier les lymphocytes intra-épithéliaux, qui sont un critère diagnostique de la maladie coeliaque, et constituent parfois le seul stigmate de la maladie. De plus, outre le caractère monocentrique et le faible effectif de l’étude de Matysiak et al., il convient de rappeler que la diffusion de l’endocytoscopie est très limitée, ce qui rend d’autant plus difficile sa validation externe (indispensable) dans des séries multicentriques, ainsi que son éventuelle application future en pratique clinique. D’autre part, la sémiologie de cette nouvelle imagerie est basée sur des critères relativement simples, mais elle nécessite un apprentissage et devra faire la preuve d’une bonne concordance interobservateur. A suivre donc.