Résumé
Les auteurs envisagent des états limites entre la vie et la mort nouvellement créés
par l'utilisation de moyens thérapeutiques capables de sauvegarder la vie, peut-être
son apparence, chez un sujet à l'agonie, pris pour mort parfois. L'étude se limite
à l'aspect clinique et évolutif de ces états, les auteurs se réservant d'étudier ultérieurement
le problème thérapeutique. Seuls sont envisagés les cas d'étiologie traumatique.
Survie artificielle: «Entretien artificiel de certaines fonctions vitales permettant la préservation des
autres et prolongeant, en apparence du moins, la vie au delà d'ellemême.» La suppléance
des grandes fonctions vitales, respiratoire, et circulatoire, est pratiquée dans l'espoir
d'une récupération fonctionnelle ultérieure des mécanismes nerveux centraux qui les
entretiennent. Ces états ont été étudiés en particulier par Wertheimer, Jouvet et
Descotes (et dans la thèse de Jeunet 1957) et par Mollaret et Goulon. L'indication
de cette suppléance n'est évidemment pas systématique. Il faut surtout éviter toute
période d'anoxie. Ainsi, la respiration artificielle manuelle et le bouche à bouche
seront utilisés en attendant la mise en place d'appareil plus complexe dans les cas
de suppléance respiratoire. En cas de défaillance cardio-vasculaire, s'il s'agit d'un
effondrement tensionnel, une perfusion de Noradrénaline et parfois une transfusion
intraartérielle sont indiquées ; s'il s'agit d'un arrêt cardiaque une thoracotomie
d'urgence permet un massage cardiaque. (Discussion de l'hypothermie et des stimulateurs
cardiaques.) L'évolution peut se faire vers une récupération, mais aussi vers un état
correspondant à une véritable «préparation cœur-poumons» et l'arrêt de la suppléance
est alors discutable et discuté selon les auteurs.
Vie végétative: «Coma prolongé avec conservation des grandes fonctions végétatives s'opposant— l'abolition
de celles de la vie de relation, rendant le sujet totalement tributaire des autres.»
De tels états s'installent le plus souvent au décours d'un coma grave ou aggravé.
L'évolution peut se faire vers une aggravation souvent par intercurrence d'un état
infectieux, surtout broncho-pulmonaire et aboutir au décès. Elle peut également se
faire vers une stabilisation et cet état de vie végétative se prolonge durant des
mois, voire des années. Enfin, l'évolution peut se faire vers une amélioration qui
s'effectue par paliers successifs que les auteurs étudient en détail. L'aspect électroencéphalographique
et radiologique de ces états est également envisagé ainsi que les complications diverses
qui peuvent apparaître.
Mort apparente: «Disparition momentanée des critères grossiers de la vie, respiration, pouls, battements
cardiaques, tension artérielle, chez un sujet encore vivant mais qui prend ainsi l'apparence
de la mort.» Dans «l'épidémie traumatique» que nous vivons, le public doit être éduqué
car médecins et secouristes ne se trouvent généralement pas sur les lieux de l'accident.
Or, il est des cas où le blessé a toutes les apparences de la mort, alors que, durant
un court laps de temps, quelques gestes appropriés pourraient peut-être le ramener
à une vie momentanée souvent, mais qui peut être conservée. Ces gestes comprennent
essentiellement la respiration artificielle par la méthode du bouche à bouche, la
mise en hyperextension moyenne de la tête et peut-être le massage cardiaque externe
abdominal ou thoracique.
Les auteurs critiquent eux-mêmes leur étude: ils ont essayé de systématiser quelque
peu l'aspect et l'évolution de ces états frontières entre la vie et la mort en se
réservant d'en étudier ultérieurement les possibilités thérapeutiques. Ils ont notion
du caractère scientifique encore bien imprécis de cette étude où suppositions et hypothèses
l'emportent sur la précision des idées et la connaissance des faits et où l'esprit
n'est pas encore libéré des pensées métaphysiques qui viennent interférer dans l'élaboration
des concepts pathologiques.
Summary
The authors consider the borderline states between life and death which have been
newly created by the use of various therapeutic measures which preserve life (or the
semblance of life) in a patient at his last gasp, who in other days would have been
regarded as dead. This study is restricted to a consideration of the clinical state
and its development, the authors postponing for later consideration the problem of
treatment. Only traumatic cases are considered.
Artificial survival “Artificial maintenance of certain vital functions allowing the preservation of others,
and thus prolonging life itself, at all events on the surface.” Maintenance of the
main vital functions of respiration and circulation, is practiced in the hope that
there will be an eventual functional recovery of the central nervous mechanisms which
maintain them. These conditions have been studied particularly by Wertheimer, Jouvet
and Descotes (and in the thesis of Jeunet 1957) and by Mollaret and Goulon. The indication
for these procedures is evidently not standardised. Above all it is necessary to avoid
any period of anoxia. Accordingly, in respiratory difficulties artificial respiration
must be started manually, or mouth to mouth, whilst awaiting the arrival of more complex
mechanical aids. In the case of cardiovascular collapse, if there is a fall of blood
pressure a perfusion of Noradrenalin and sometimes an intra-arterial transfusion is
indicated. If there is actual cardiac arrest an urgent thoracotomy will allow cardiac
massage. (Discussion follows on hypothermia and cardiac stimulators.) Progress may
well be towards recovery but also unfortunately to a state resembling a “heart-lung
preparation", in which case the stopping of the “support” is arguable and is therefore
discussed by the authors.
Vegetative existence: “Prolonged coma with preservation of the main vegetative functions, as opposed to
abolition of those concerned with normal waking activities, making the patient completely
dependent on others.” Such conditions often become established in the course of a
severe or aggravated coma. Such aggravation very often occurs as the result of an
intercurrent infection, particularly broncho-pulmonary, and may result in death. It
may equally lead to a stabilisation of the condition, and the “vegetable” existence
may be prolonged for months, or even years. Finally, its course may progress towards
an amelioration of the condition, which occurs in successive stages which have been
studied in detail by the authors. The E.E.G. and radiological aspects in these conditions
have equally been considered, as well as the varied complications which may appear.
Apparent death: “Momentary disappearance of the gross criteria of life - respiration, pulse, heart
beat, blood pressure - in a subject who is still living, but as a result gives the
outward appearance of death.” In the present-day “traumatic epidemic” the public needs
to be educated, because doctors and first-aiders are not usually present in the vicinity
of an accident. Now, it is these cases where the injured person has all the appearances
of death, where during a short lapse of time a few appropriate gestures might bring
him back to life which is often temporary, but which may perhaps be maintained. These
gestures comprise essentially mouth to mouth artificial respiration, placing the head
in moderate hyper extension and perhaps external cardiac massage, either thoracic
or abdominal.
The authors are themselves critical of their study in which they have tried to systematise
to some degree the appearance and development of these border states between life
and death, reserving for later study, the possibilities of treatment. They are only
too aware of the imprecise nature of the scientific thought in this study, where suppositions
and hypotheses get the better of precise ideas and knowledge of facts, and where the
mind is still not freed from metaphysical notions which come to interfere with the
elaboration of pathological concepts.
Zusammenfassung
In vorliegender Arbeit befassen sich die Autoren mit den terminalen Zuständen zwischen
Leben und Tod, die durch die neueren, manchmal allerdings nur scheinbar lebenserhaltenden
therapeutischen Möglichkeiten bei schon tot erscheinenden, aber noch in Agonie befindlichen
Patienten in den Blickpunkt des Interesses rücken. Die Mitteilung beschränkt sich
auf das klinische Bild und den Verlauf; die Untersuchung therapeutischer Probleme
haben sich die Verfasser für später vorbehalten.
Künstliche Erhaltung vitaler physiologischer Funktionen: „Künstliche Erhaltung bestimmter vitaler Funktionen, wodurch die übrigen Funktionen
gleichfalls erhalten und - wenigstens anscheinend - das Weiterleben ermöglicht wird.”
Hierbei werden die wichtigsten vitalen Funktionen, wie Atmung und Kreislauf, aufrecht
erhalten, um eine spätere funktionelle Wiederherstellung zentral-nervöser Regulationen,
die ihrerseits jene wieder in Gang halten, zu gewährleisten. Diese terminale Pause
ist besonders von Wertheim er, Jouvet und Descotes (auch in einer Dissertation von
Jeunet 1957) sowie von Mollar et und Goulot untersucht worden. Die Indikation zur
künstlichen Lebenserhaltung läßt sich natürlich nicht schematisieren. Besonders zu
vermeiden ist jedes anoxische Stadium. Bis ein entsprechendes Beatmungsgerät zur Verfügung
steht, muß daher artefizielle manuelle oder Mund-zu-Mund-Beatmung durchgeführt werden.
Im Falle des cardio-vasculären Versagens, bei vollständigem Blutdruckabfall, sind
Noradrenalin-Infusionen und gelegentlich auch intraarterielle Transfusionen angezeigt.
Liegt ein Herzstillstand vor, erlaubt die Not-Thorakotomie eine Herzmassage (zu diskutieren
wären Hypothermie und elektrische Herzstimulation). Im weiteren Verlauf kann es zur
Wiederherstellung, ebensogut aber auch zu einem Zustand kommen, der dem eines wahren
„Herz-Lungen-Präparates” entspricht. Im letzteren Falle wäre das Einstellen der künstlichen
Funktionserhaltung zu überlegen und wird von den Autoren auch diskutiert.
Erhaltung der bulbären Primitivfunktionen: „Prolongiertes Coma mit Erhaltung der primitivsten vegetativen Funktionen bei Untergang
der höheren zentralen Regulation, wodurch das Leben des Patienten ausschließlich von
den ersteren gewährleistet wird.” Zustände dieser agonalen Art treten am häufigsten
bei schwerem oder zunehmendem Coma auf. In ihrem weiteren Verlauf kann es meist durch
eine interkurrente - besonders gerne bronchopneumonale - Infektion zur Verschlechterung
mit tödlichem Ausgang kommen. Ebensogut kann auch eine Stabilisation eintreten und
der rein vegetative Zustand über Monate, ja sogar Jahre andauern. Schließlich besteht
die Möglichkeit einer sich schrittweise einstellenden Besserung, wie die Verfasser
dies im einzelnen schildern. Ebenfalls in Betracht gezogen werden der elektroencephalographische
und röntgenologische Befund wie auch die verschiedenen Komplikationen, die vorkommen
können.
Klinischer Tod: „Vorübergehendes Erlöschen aller wesentlichen Lebensfunktionen, wie Atmung, Puls,
Herzaktion und Blutdruck, bei einem noch lebenden, klinisch aber schon toten Menschen.”
In der „Traumaepidemie” in der wir heute leben, ist eine breite Ausbildung in erster
Hilfe notwendig, da Ärzte und Laienhelfer am Unfallort meist nicht sofort verfügbar
sind. Gibt es doch Fälle, in denen der Unfallverletzte anfänglich alle Anzeichen des
Todes bietet, ein paar zweckmäßige Maßnahmen jedoch über kurze Zeit die Lebensfunktionen
wiederherstellen und erhalten können. Hierbei handelt es sich im wesentlichen um künstliche
Atmung durch Mund-zu-Mund-Beatmung, Kopfhaltung in mäßiger Hyperextension und gegebenenfalls
um abdominale oder thorakale äußere Herzmassage.
Zum Schluß unterziehen die Verfasser ihre Arbeit selbst der Kritik, da sie versucht
haben, die beschriebenen terminalen Zustände etwas zu schematisieren, weil sie jetzt
nur deren klinisches Bild und Verlauf mitteilten, die therapeutischen Möglichkeiten
jedoch für eine spätere Untersuchung ausklammern. Sie sind sich auch des durchaus
noch unpräzisen wissenschaftlichen Charakters ihrer Arbeit bewußt, in der Vermutungen
und Hypothesen breiteren Raum einnehmen als exakte Vorstellungen und volle Sachkenntnis
und in der das pathophysiologische Denken noch nicht von metaphysischen Einflüssen
befreit ist.
Resumen
Los autores estudian los estados límites entre la vida y la muerte, que se han presentado
últimamente con la introducción de medios terapéuticos, capaces mantener la vida,
o quizás su apariencia, en un sujeto agónico, que en otro tiempo se consideraba como
muerto. El estudio se limita al aspecto clínico y evolutivo de estos estados, los
autores reservan para más adelante el estudio del problema terapéutico. Los casos
expuestos son todos ellos de etiología traumática.
Sobrevivencia artificial: «Mantenimiento artificial de ciertas funciones vitales, que permiten la prolongación
de otras y, por lo menos en apariencia, de la vida más allá de ella misma.» Las grandes
funciones vitales, respiratoria y circulatoria, se prolongan esperando que se produzca
una recuperación funcional de los mecanismos nerviosos centrales, que las mantienen.
Estos estados han sido estudiados particularmente por Wertheimer, Jouvet y Descotes
(en la tesis de Jeunet 1957) y por Mollaret y Goulon. La indicación de esta prolongación
no es evidentemente sistemática. Es preciso evitar especialmente cualquier periodo
de anoxia. Por ello, la respiración artificial manual y la boca a boca, se utilizarán
mientras se espera el acondicionamiento del aparato más complejo en el prolongamiento
de la función respiratoria. En caso de desfallecimiento cardio-vascular están indicadas
una perfusión de noradrenalina y, ocasionalmente, una transfusión intraarterial, cuando
existe una caída de la tensión; si se trata de un paro del corazón, una tóracotomía
de urgencia permite el masaje cardiaco. (Discusión de la hipotermia y de los estimulantes
cardiacos.) La evolución puede tender a una recuperación, pero también a un estado
que corresponde a una verdadera «preparación corazón-pulmón» y en este caso la interrupción
del prolongamiento es discutible y discutido según los distintos autores.
Vida vegetativa: «Coma prolongado con conservación de las grandes funciones vegetativas y abolición
de las de vida de relación, haciendo al sujeto completamente dependiente de otras
personas.” Estos estados se inician generalmente durante el curso de un coma grave
o agravado. La evolución puede tender a un agravamiento, con frecuencia debido a la
intercurrencia de una infección, sobre todo broncopulmonía, y finalmente a la muerte.
También puede tender a una estabilización y el estado de vida vegetativa se prolonga
durante meses, e incluso años. Finalmente puede presentarse una mejoría cuyos estadios
sucesivos se estudian en detalle. Los aspectos electroencefalográficos y radiológicos
y las complicaciones también son estudiados.
Muerte aparente: «Desaparición momentánea de los criterios groseros de vida: respiración, pulso, latidos
del corazón, tensión arterial, en un sujeto que todavía vive y que parece muerto».
En la «epidemia traumática» que vivimos actualmente, es preciso educar al público,
ya que en el lugar del accidente no acostumbran a encontrarse médicos o policías.
En algunos casos en los que el herido parece muerto, durante un corto espacio de tiempo,
ciertas maniobras apropiadas lo podrían devolver a la vida, a veces corta, pero que
quizás pudiera conservarse. Estas maniobras consisten esencialmente en la respiración
artificial por el método de boca a boca, la hiperextensión de la cabeza y el masaje
cardiaco externo abdominal o torácico.
Los mismos autores hacen una crítica de su estudio: han tratado de sitematizar algo
el aspecto y la evolución de estos estados fronterizos, dejando para más tarde el
estudio de las posibilidades terapéuticas. El carácter científico del estudio es impreciso,
en él las suposiciones e hipótesis predominan sobre la precisión de las ideas y el
conocimiento de los hechos, y el espíritu no se ha liberado de conceptos metafísicos
que interfieren en la elaboración de los conceptos patológicos.